Réflexions actuelles
Le soleil regardait déjà ailleurs quand, enfin, il apparut.
Agitant un hochet d’une main et de l’autre une crécelle, il avançait lentement, semblant précédé par son tintamarre.
Au bout de mes lunettes à vision nocturne se dessinait progressivement la mosaïque de son accoutrement.
Dans les hameaux voisins, on le disait vêtu de peaux humaines.
Ses apparitions nocturnes, aussi tonitruantes qu’imprévisibles, semaient infailliblement la panique dans les chaumières.
Convaincus que seul le chant du coq maintenait à distance celui qu’ils appelaient “Noon”, les habitants choyaient jalousement ce précieux volatile.
Il y a encore quelques années, avant La Révolution, la “souris” informatique savourait incognito la réussite de son complot et régnait sur tous les objets et leurs maîtres.
Dès la fin du 20ème siècle, elle absorbait déjà l’essentiel des TEQNO (Temps d’Eveil Quotidiens des Nations Organisées) à travers tous les media et outils informatisés.
Sa polyvalence ludique lui permit d’atrophier jusqu’aux temps de détente au profit de “Jeux” dont la vocation n’était plus de distraire.
Chaque jour, de l’aube au coeur de la nuit et au détriment de leur repos, des milliards d’utilisateurs se relayaient le curseur en guise de témoin incorporel.
Le couple souris/curseur avait préparé l’arrivée de la technologie “Majordome” qui ne sollicitait de geste ni de la main ni des yeux.
” Qu’est ce que tu fais encore là à cette heure ci ? ” me tançaient ses moustaches narquoises de rat gris dont l’aura restait perceptible dans cette nuit sans lune.
” Tu m’as laissé sur ma faim hier avec ton Histoire des Cirques à la Shehrazade… Finis la une bonne fois pour toutes et crève… Ma terrasse a besoin d’un lifting et tous tes trous me bouchent cette perspective ! “
” Pas avant que tes pieds ne m’aient libéré le passage vers mon terrier…” me défia-t-il de ses minuscules yeux rougeâtres.
Faisant mine de me replonger dans ma contemplation de la voûte céleste pour transférer la négociation sur le terrain du chantage, ma ferme résolution s’effritait pourtant sous les coups de boutoirs de ma curiosité viscérale.
Au nord de la savane.
Rupture du jeûne - 31minutes.
La caravane ralentit sa course puis s’arrête.
Déposant à terre leur sarbacane, un clan installe son camp pour la nuit…
“Regarde papa ! Les animaux, EUX , ils savent qu’ On est Dehors ! “
Taçanou, vois tu en ta maman le bébé à naître dans moins d’une Lune ?
D’Ici, il s’en est allé en dedans et le “voîlà” de retour Ici à travers 9 mois de ténèbres…
(NDLR : Lecture déconseillée aux moins de 99 ans)
A l’écart des apothéoses sanguinaires fuse sous une cascade un rire cristallin.
Assise sur un pouf entre chebaqiya, dattes du Tafilalet, sfouf et mhancha, la Gourou en cagoule renaît sibylline.
De ses ébats intimes dans l’ombre irisée de ce même saule pleureur, les souvenirs d’antan ressurgissent sur ses lèvres à la vue de deux enfants…
Ses bébés de louve solitaire.
Elle leur apprit bien vite à savourer l’eau pure vous curant les dents, la langue et le palais d’un jet vertical.
Ils apprirent d’eux mêmes ensuite, oreilles en guise de chaise électrique, à rire de leur laisse les yeux clôs et le coeur en liesse.
D’un geste leste et langoureux, elle désattacha d’un pan de son voile un minuscule manuscrit qu’elle déplia avec cérémonie.
Succulentes ces réminiscences de billets doux, découpés autrefois d’un grimoire interdit, elles détenaient encore le pouvoir lascif d’effacer au fin fond de son coeur jusqu’aux cicatrices les plus imputrescibles.
Ressuscité par un soupir, le parchemin respirait encore la trace de son passage par la fissure entre les deux cellules.
Il s’en dégageait une fragrance d’antimoine relevée de lichen souffré.
Son auteur, “Jabha“, son amour de louve, gisait à présent sous ses pieds, jouissant avec elle de cette ombre perpétuellement complice.
Dés les premiers sons, le soupir sans gravité expira en sourire …
يـا أمة ربـت مجاهلهـا حتى أضـحــى الجـهـــل مـرتــع أهلهــــا
جهـل واستجهـــال أم جهـل بجـهـــل الأمـــور وجـهــالتــهـــــا
Au sous sol d’un monastère désaffecté au sommet des Carpates, Ying et Yang sirotent leur thé écarlate.
Trophées poussiéreux, les mânes des sages, philosophes et poètes trônent au tableau de chasse telles des souris de laboratoire dans leur cage.
En leur compagnie, “Personne”, celui qui veut convaincre tout le monde qu’il n’existe pas…
Ainsi que les deux soeurs aigries, fausses jumelles, toujours à se chamailler sur qui de l’oeuf ou de la poule est venu en premier.
Quittant mon apostrophe culinaire derrière la fontaine de fumée, ce fut tout un pélérinage que de se rapprocher.
Vie et Mort se prenaient le bec dés qu’il s’agissait de décerner la palme des hurlements à l’un(e) des membres de leur troupeau commun.
Frustrées de devoir se soumettre à la diversité de La Création, les basses milices piaffaient d’impatience. Lire la suite »
Avec son “Art de la guerre”, la saga du vénérable Confucius n’a fait qu’ajouter à la confusion des troupes.
Dans cet Empire du Soleil Levant incubateur de la mondialisation, PCC (Politique Culturelle Chinoise) et Jeunesse s’accordent pour être le premier client de Mac Do’, tous menus confondus.
Le “hasard” a voulu que “Les Camarades”, qui n’ont de rouge que les pots de vin servis au nouvel an, plébiscitent tacitement un embryon de Constitution expressément fondée sur l’existence du Paradis sur Terre… Et nulle part ailleurs.
En bref, “Le Royaume du Soleil” au lieu de celui des “Cieux”.
Ainsi, après les samouraï et les dragons, la guerre a été déclarée aux vieux quartiers des grandes villes, sacrifiés sur l’autel des Olympiades.
N’en ont réchappé que les Temples… Spécialement ceux du Clan TONG. Lire la suite »
Luciole logée dans son interstice, j’attendais que le jour fonde et que la nuit règne.
Dans une casbah perchée sur un piton rocheux au milieu d’un cratère, un enfant se couche à la rencontre de Peter Pan.
Tout en quêtant La Muse entre les étoîles logées par la meurtrière, son père entame une contine en murmurant.
Ansit wa nam…
Kan yama kan fi a3sari zaman,
tifloun irtada zay arrijal li yanala minhoum.
Touhqa Kiça touhou 3inda maliqatine la zalate tou hibou hou
Ja a ilay ha farran min kawmin mouta jahil.
” Oyé Oyé … Les passagers en partance pour l’aube des temps sont priés de se présenter à l’embarquement.”
Plonger en les réminiscences de batailles antiques au beau milieu d’un champ de fleurs de safran.
Brasser un univers de souvenirs en embrassant goulûment la terre.
Guetter l’éclosion de mémoires d’outre tombe en humant des senteurs à venir.
Butiner le nectar des âmes perdues le temps que le fil du cerf volant se métamorphose en élastique.
Contourner le quitus de celui qui priva la voix de l’oie de tout écho.
Enfin… S’adjuger poliment la divination des noms et pouvoir mettre un visage sur chaque épice.
Afin de déguster des cités entières et leur histoire en chaque larme de miel. Lire la suite »
“ Tuez les tous ! DIEU reconnaîtra LES SIENS “…
Dit le dieu des Océans en s’amusant à plagier Godefroy De Bouillon.
Les déferlantes de bipèdes sur les plages rendent les tritons hilares…
Comme un OZ entraînant de sa flûte maudite le défilé somnambule des enfants de ses débiteurs rejoindre les rats au fond du lac, Poseïdon rêve de lécher les rivages.
A défaut de s’unir sous la bannière “Au Tour de l’Amour ! “, les foules s’accordent néanmoins pour souhaiter ardemment “avoir moins chaud”.
Pourtant, l’avisé COUSTEAU louait les vertus du réchauffement planétaire avec un argument dont la fraîcheur iodée choque encore à titre posthume : Lire la suite »
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."